Le CAFERUIS est-il difficile ?

le caferuis est il difficile

Le taux de réussite au CAFERUIS dépasse 87 % tous parcours confondus, selon les statistiques 2024 du SEPR. Certains établissements affichent davantage : l’IRTS Parmentier annonce 91,4 % de réussite en 2025. Ces chiffres rassurent, mais ils ne disent rien de ce que la formation exige concrètement. Selon le réseau UNAFORIS, près de 70 % des stagiaires interrogés en 2021 qualifiaient le rythme de formation d’élevé à très élevé. La difficulté du CAFERUIS n’est pas académique : elle tient à la simultanéité entre un poste d’encadrement et 820 heures de formation, souvent menée à temps plein.

Ce que le taux de réussite ne dit pas

Un taux de réussite autour de 90 % s’explique en partie par la sélection à l’entrée. L’accès au CAFERUIS suppose au minimum un diplôme de niveau 5 (éducateur spécialisé, assistant de service social, etc.) avec deux ans d’expérience dont six mois en encadrement, ou un diplôme de niveau 4 avec quatre ans d’expérience dans le secteur. Les candidats passent un entretien d’admission. Ceux qui sont retenus arrivent avec un bagage professionnel solide et une motivation réelle : le filtre existe avant même le début de la formation.

Ce taux élevé reflète aussi un taux d’abandon très faible – l’ESEIS-AFRIS signale 0 % d’abandon en 2025. Mais un abandon quasi nul chez des professionnels engagés financièrement et professionnellement dans une montée en responsabilité ne signifie pas que la charge est légère. Les 70 % de stagiaires qui ressentent un rythme élevé à très élevé sont précisément ceux qui sont allés au bout.

La charge réelle : un poste d’encadrement et un mémoire en même temps

Ce que les retours font remonter le plus souvent, c’est la superposition des contraintes. D’un côté, les 820 heures de formation réparties sur deux ans : cours, travaux dirigés, stages. De l’autre, un poste souvent maintenu à temps plein pendant la formation, avec des responsabilités d’encadrement d’équipe ou de coordination de service. Le mémoire de pratique professionnelle s’ajoute à cet équilibre déjà tendu : il ne s’écrit pas en dehors du travail, il s’écrit à partir de lui, ce qui suppose une distance réflexive difficile à trouver en période chargée.

La formation s’adresse à des praticiens expérimentés, souvent déjà en responsabilité partielle. Cette caractéristique est un atout pour le contenu des cours – les concepts sont ancrés dans une réalité connue -, mais elle signifie aussi que personne ne bénéficie d’un emploi du temps allégé par défaut.

Changer de posture autant que d’acquérir des savoirs

La difficulté qui surprend le plus les candidats n’est pas dans les cours magistraux. Elle vient du fait que la formation demande de changer de rôle : passer de praticien à cadre. Cela suppose de modifier sa façon d’agir professionnellement – déléguer, arbitrer, porter une responsabilité collective – tout en continuant à gérer des situations quotidiennes depuis l’ancien rôle. Cette transformation de posture engage différemment qu’une préparation à un examen classique. Elle prend du temps, provoque parfois des tensions avec l’équipe ou l’institution, et ne s’acquiert pas uniquement en salle de cours.

Pour un professionnel qui encadre pour la première fois pendant la formation, cet ajustement est l’un des aspects les plus exigeants à traverser.

Ce qui fait vraiment varier la difficulté

  • Situation professionnelle pendant la formation. Un candidat maintenu à temps plein avec des responsabilités d’encadrement vivra la formation comme nettement plus intense qu’un candidat en congé formation ou avec un poste aménagé. La disponibilité effective – pas la bonne volonté – est le premier facteur.
  • Soutien de l’employeur. Un employeur qui finance tout ou partie de la formation via un OPCO, qui aménage les horaires ou qui pose les conditions d’un vrai soutien institutionnel change la donne concrètement. À l’inverse, suivre la formation sans aménagement ni financement multiplie la pression.
  • Expérience préalable en encadrement. Un professionnel déjà chef de service ou coordinateur depuis plusieurs années aborde le mémoire de pratique professionnelle avec une matière disponible et une posture déjà en partie construite. Quelqu’un qui encadre pour la première fois pendant la formation affronte les deux apprentissages en même temps.
  • Voie d’accès choisie. La VAE est accessible à partir de 1 607 heures d’expérience reconnue dans le secteur. Elle allège la contrainte du volume horaire de formation, mais déplace la difficulté vers un exercice rédactionnel et réflexif exigeant : formaliser par écrit une pratique professionnelle complexe de façon structurée et argumentée. La charge est différente, pas nécessairement moindre.

La question utile n’est donc pas « est-ce difficile en soi ? », mais « est-ce difficile dans ma situation à moi, maintenant ? ». La checklist ci-dessous aide à répondre honnêtement.

Suis-je prêt à m’engager dans le CAFERUIS ?

  • ☐ Je remplis les conditions d’accès (diplôme et expérience requise, dont l’expérience en encadrement).
  • ☐ J’ai évalué si mon employeur peut financer tout ou partie de la formation (via un OPCO ou le CPF).
  • ☐ J’ai vérifié si un aménagement de poste ou un congé formation est envisageable.
  • ☐ Je dispose de temps régulier hors travail pour la formation et la rédaction du mémoire.
  • ☐ J’ai une expérience d’encadrement suffisante pour alimenter le mémoire de pratique professionnelle.
  • ☐ Je me sens prêt à remettre en question ma posture professionnelle, pas seulement à acquérir de nouveaux contenus.
  • ☐ J’ai informé mon entourage personnel de ce que représente deux ans de formation soutenue à côté d’un emploi.